« On la savait capable d’enflammer les trottoirs, de courir avec les toros et de partir en transhumance. On ignorait qu’elle pouvait à loisir casser la vaisselle non par colère, ni par aigreur, mais pour reconstruire des personnages étranges et fragiles,  qui capturent votre propre image pour nous conduire  dans un monde imaginaire et envoûtant.  Magnifique Martine, sublime artiste, je vais de ce pas briser la vaisselle du ménage pour vous  les offrir sans réserve et avec bon cœur.  Tendrement ébahi. »

Thierry Voisin (Critique à Télérama)




Elle est née en novembre. A la  saison où, dans les jardins, rien n’est plus visible à l’œil nu mais tout se passe « en dessous »... Au moment où la graine s’enfouit au profond de la terre pour accomplir son destin de fleur, où le gland se prépare patiemment à devenir chêne et la chenille papillon.  Pourquoi parler de jardin quand on parle de Martine ? Pas seulement parce que celui qu’elle compose autour de sa maison, rue de « la belle image », est à chaque printemps un nouveau Monet offert au regard des passants, mais parce sa plus grande qualité, à mes yeux, est celle à laquelle la terre, l’humus, a donné son nom : l’humilité. Une qualité exceptionnelle chez les créateurs de magie dont elle fait partie.   Car, depuis toujours, que ce soit avec cinq mille adolescents sur la scène de Bercy, un cheval sur un plan d’eau, des comédiens et des marionnettes géantes dans les rues de Johannesburg ou de Paris, ou aujourd’hui dans son jardin avec des éclats de faïences et de miroirs, c’est toujours à des feux d’artifices de rêves, de beauté et de magie qu’elle nous convie, Martine...    Pour notre seul émerveillement et sans discours, sans un mot, comme savent le faire les fleurs, les chênes et les papillons.

Catherine Galodé (cinéaste, scénariste)




Les (re)compositions (im)matérielles de Martine Ratiss...  Martine s'avance se penche. Et cueille... débris, fragments, traces un éclaté à la dérive... Parfois, on vient vers elle. On lui offre alors un objet cassé d’un passé décomposé. Mémoire collectée, jamais collective.  Puis, Martine s’arrête se tend. Se recueille... Soudain :  dans le geste de ses motifs, elle rend grâce à la matière brisée à la matière défunte.  Alors, dans ces jardins clos, - comme close la mémoire - des reflets nous interpellent - comme interpelle un souvenir - Évasion kaléidoscopique pour chacun et  à part soi.

Thierry Malvoisin




Drôles de figures étonnées, Brisures de vies recomposées Pantins désarticulés, hachés de couleurs, mi hommes, mi bêtes Leurs yeux globuleux nous considèrent avec étonnement…

Daniele Pugnant – attachée de presse




Martine Rateau  jongle avec des brouettes d’assiettes cassées et des tasses solitaires, des wagons de soucoupes en vadrouilles, de soupières en carafes, de carafes en Sylla et des anses à gogo, des théières déconfites, des saucières outragées, des cafetières débridées, des émaux trompés, des bols qui ont du bol de trouver cette artiste, des vases ébréchés, des biscuits ratés, du kitsch dépassé, des barbotines aux destins brisées , de l’arcopal réformé , des arcopaux sous l’manteau, des « servicejaponaisskicéféArakiri », un Vallauris mésestimé, des porcelaines répudiées, des céramiques remerciées, des saladiers assassinés, des bonbonnières libéreée………..  Réunir ce qui est éparts pour constituer dans ses tableaux un ensemble vivant qui retrace des histoires.

Elisabeth Barret (psychologue)